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Affaire Adji Sarr : Radié, Oumar TOURÉ répond au colonel NDAO et parle de violations des dispositions

Radié suite à l’épisode Adji Sarr, Seydina Oumar TOURÉ a développé une série d’interrogation pour répondre au Colonel Abdou Aziz Ndao qui lors de son dernier passage sur 7tv a qualifié de légale la sanction du désormais ex officier de gendarmerie. 

Maître en sciences juridiques, Oumar Touré, a développé une série de thèses pour démontrer toutes les violations des dispositions de la loi, sur le statut général   des   officiers.

L’intégralité du texte 

A l’attention de Monsieur le colonel Abdoul Aziz NDAO

Mon colonel, dans le raisonnement qui va suivre, ne lisez point un homme frustré, encore moins   une personne qui essaie de remettre en cause   votre légitimité à évoquer la chose militaire. 

A travers ces lignes, trouvez plutôt un juriste, un ancien militaire qui, pour avoir lu vos états de services, ne peut prétendre au quart de votre mérite,   pour   avoir   été   un   pionnier des rédacteurs des textes militaires au Sénégal.

J’ai toujours préféré garder le silence pour les mille et une fois qu’un inculte s’est prononcé sur ma sanction disciplinaire ou statutaire et cela conformément aux conseils de mes avocats, puisque le dossier étant encore pendante devant la cour suprême.  

Mais lorsqu’une voix autorisée se prononce, je n’ai d’autre choix que de sortir du mutisme pour lever toute équivoque. Je vous prie de pardonner cette indiscipline, qui consiste à vouloir passer après votre propos à la 7TV.  

Je voudrai juste avoir un droit de réponse puisque vous avez évoqué le terme «+désertion+» et affirmé que ma sanction était légale. 

Mon colonelSur la désertion , je voudrais rappeler qu’elle  est une infraction pénale prévue par l’alinéa premier de l’Article 107 de la loi numéro 94-44 du 27 Mai 1994 portant  code de justice militaire du Sénégal qui dispose: 

«est considéré comme déserteur à l’intérieur du pays en temps  de   paix,  tout  militaire  ou   assimilé   qui,   «six   06   jours»   après   celui   de   l’absence constatée, s’absente sans autorisation de son corps ou détachement, de sa base ou formation, de son bâtiment ou d’un hôpital militaire ou civil où il était détenu provisoirement». 

Dans le décompte des jours, on parle de jour franc, c’est-à-dire 24 heures accomplies, comme vous le savez bien. Et si le compte est bon, les sénégalais témoins, je me suis absenté du service entre le lundi 08 mars 2021 à 08 heures 00 minute au vendredi 12 mars à 15 heures 00, donc un total de quatre jours (04) et 07 heures 00 minute,  fondamentalement inférieur aux six (06) jours prévus par l’article susvisé.

A cet effet, on ne peut parler de désertion, infraction pénale punie d’une peine de prison contrairement à l’absence passible d’une sanction disciplinaire. Ce qui ressort clairement de l’Article 108 du code de justice militaire qui dispose que «tout militaire ou assimilé, coupable de désertion à l’intérieur en temps de paix est puni de six mois à trois ans d’emprisonnement».

Donc   le   terme   approprié   pour   qualifier   la   faute   qui   m’est   imputable   c’est   peut-être   une absence, sans   aller  dans  le   fond  de   la  matière  où  cette  dernière   pourrait   être facilement disqualifiée.

Mon colonel,Sur  la   légalité  de   la   sanction disciplinaire,   je   préfère  m’abstenir,    mais   sur  ma   sanction statutaire, L’ARTICLE 14   de la  loi numéro  62-37 du  18 mai 1962  fixant le statut  général des officiers d’active des Forces Armées, modifiée par la loi n° 65-10 du 04 février 1965, énonce qu’Indépendamment des   punitions  militaires,  les   officiers  peuvent  être  frappés   par  l’autorité investie du pouvoir de nomination, des sanctions disciplinaires suivantes:- Radiation du tableau d’avancement- Mise en non activité- Radiation des cadres 

l’ARTICLE 23  de la même loi reprend les  fautes pouvant entraîner les sanctions listées  par l’article 14 dans son paragraphe premier et précisant clairement dans son paragraphe 2 que la radiation ne peut intervenir que sur proposition d’un conseil d’enquête.

L’article est ainsi libellé: 

Paragraphe 1 «Un officier ne peut être radié des cadres que par mesure de discipline et pour l’un des motifs ci-après:- Inconduite habituelle- Faute grave dans le service ou contre la discipline-Condamnation à une  peine criminelle   ou   correctionnelle  à  caractère  infamant  autre   que l’amende».

Paragraphe 2 «La radiation ne peut intervenir que sur proposition d’un conseil d’enquête comme il est dit à l’article  14».

A mon avis, si le deuxième paragraphe spécifie seulement pour le cas de la radiation alors qu’elle n’est pas la seule à être prévue plus haut l’article 14, c’est parce que l’avis de ce conseil lie l’autorité administrative. 

Or, le Haut-commandant de la Gendarmerie nationale  de l’époque, informait le  ministre  des  forces  armées que  l’intéressé, en l’occurrence moi,  a  été  traduit devant un conseil d’enquête dont la majorité des membres s’est opposée à la radiation des cadres de la gendarmerie. 

Tout ceci, sans évoquer plusieurs autres violations des dispositions de la loi, sur le statut général   des   officiers,   de   mes   libertés   individuelles   et   même   de   la   constitution   de   la République du Sénégal, sur lesquelles  j’éviterai de me prononcer pour l’instant.

Loin de moi la prétention de me mettre à la place du juge, mais à mon humble avis de maître en Sciences Juridiques, pour avoir occupé les fonctions d’officier adjoint à la division justice militaire, cumulativement à celle de défenseur militaire (équivalent comme vous le savez bien d’un avocat chez les civils) pendant 06 mois au grade de sous-lieutenant, je pense que le droit a été violé en l’espèce.

Mon colonel, pour vous  réitérer à nouveau toute ma considération, veuillez trouver dans ces propos, non une défiance mais une démarche objective et juridique d’un ancien officier, dont la simple motivation est d’éclairer sur des propos d’une voix autorisée, sur laquelle pourraient s’agripper des opportunistes ayant pour seul objectif de ternir mon image. 

Veuillez agréer mon colonel, l’expression de  mes sentiments respectueux et de ma très haute considération.

Seydina Oumar TOURÉAncien Officier de gendarmerieMaitre en sciences juridiques

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Les messages martelés par Poutine lors de son intervention

Les Ukrainiens se battent comme des lâches, cachés derrière la population civile ; ils se comportent en fascistes, « humilient et exécutent des prisonniers » ; des mercenaires étrangers, y compris du Moyen-Orient, se battent avec eux.

Moscou n’attaque pas l’Ukraine, mais « défend la Russie et le Donbass ». Vladimir Poutine s’est longuement exprimé sur les pertes, qu’il qualifie d’“héroïques”. Il a ainsi prévu une minute de silence et annoncé des compensations financières importantes pour les familles des tués.

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Inscription de 36 volontaires sénégalais pour aller combattre la Russie suite à un appel de l’Ambassade d’Ukraine : Dakar engueule et menace Kiev

Le ministère des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’Extérieur dit avoir appris, avec étonnement, la publication, ce 03 mars 2022, sur la page Facebook de l’Ambassade de la République d’Ukraine à Dakar, d’un appel aux citoyens étrangers, à venir à l’aide à l’Ukraine, avec, à l’appui, un formulaire d’inscription.

Comme suite, Son Excellence Monsieur Yurii Pyvovarov, ambassadeur d’Ukraine au Sénégal, a été immédiatement invité au Ministère, aux fins de vérification et d’authentification de cette publication, informe le communiqué rendu public par les Services d’Aissata Tall sall.

«L’ambassadeur a effectivement confirmé l’existence de l’appel et l’inscription de 36 candidats volontaires». Suffisant pour que Dakar pète la gueule à Kiev. En effet, au regard de la gravité de tels faits, le Ministère a officiellement notifié, au nom du Gouvernement de la République du Sénégal, une note verbale de protestation condamnant fermement cette pratique.

Laquelle pratique, ajoute le texte du Ministère sénégalais, constitue une violation flagrante de la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques, notamment en ce qui concerne l’obligation de respect des lois et règlements de l’État accréditaire.

En conséquence, les Services d’Aïssata Tall Sall ont invité instamment l’Ambassade «à retirer, immédiatement, l’appel sus-indiqué et cesser, sans délai, toute procédure d’enrôlement de personnes de nationalité sénégalaise ou étrangère, à partir du territoire sénégalais. Faute de quoi, le Ministère se réserve le droit de prendre toute décision qu’appelle la situation», souligne le document.

Le ministère des Affaires étrangères tient à préciser que le recrutement de volontaires, mercenaires ou combattants étrangers sur le territoire sénégalais est illégal et passible des peines prévues par la loi.

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Touba : L’association And Samm Jikko Yi vilipendée auprès de Serigne Mountakha

Le  Collectif des chargés de mission à la présidence de la République fait un marquage à la culotte à l’association And Samm Jikko Yi, qui mène un farouche combat pour la criminalisation de l’homosexualité au Sénégal. Ces chargés de mission au palais ont entamé une série de visites auprès des foyers religieux, pour prendre la défense du président Macky Sall.

Ainsi, ces républicains ont été reçus ce jeudi par le khalife général des mourides à son domicile situé au quartier Darou Miname. L’occasion a été saisie par le collectif des chargés de mission pour vilipender les membres de l’association And Samm Jikko Yi auprès de Serigne Mountakha Mbacké.

« Nous avons pour mission d’aller vers les chefs religieux pour dénoncer les contrevérités qui sont en train d’être véhiculées par l’association And Samm Jikko Yi. Les membres de ce collectif sont en train de dire partout que le président Macky Sall et son gouvernement sont sur le pied d’instaurer l’homosexualité au Sénégal, alors que c’est tout faux », a déclaré Amadou Niang, chargé de mission à la présidence.

Face à la presse, à l’issue de leur audience avec le patriarche de Darou Miname, ces hôtes de Touba vont, disent-ils, poursuivre Babacar Mboup et And Samm Jikko Yi partout pour mettre à nu leurs « calomnies ».

« En tant que citoyens, nous ne laisserons pas ces propos infondés prospérer. Nous irons également partout au Sénégal dénoncer la campagne de diabolisation orchestrée par And Samm Jikko Yi », a-t-il expliqué l’objectif de leur mission.

Emboîtant le pas à son collègue Amadou Niang, le maire  de  Keur  Maba Diakhou, Abdou Ndiaye, a porté de graves accusations contre le collectif And Samm Jikko Yi. « Nous savons que les membres de ce collectif sont financés par des lobbies homosexuels, des ONG, des salafistes, des associations occultes en vue de discréditer le gouvernement du Sénégal. Ils ne peuvent pas dénigrer le président Macky Sall à travers des réalisations, le fonctionnement du pays. Ces derniers sont des opposants, des politiciens déguisés », a déballé le chargé de mission Abdou Ndiaye devant ses collègues dont Serigne Djily Mbacké de Darou Mousty, Momar Diagne et Libasse Bass.

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Seydi Gassama sur les 14 jeunes tués en mars 2021: «il n’y a plus de temps à perdre, la justice doit faire son travail »

Le gouvernement avait annoncé en avril 2021, lors d’une conférence de presse, l’ouverture d’une commission d’enquête pour établir les circonstances de ces incidents et sanctionner le cas échéant les responsables. Mais aucune information n’a été donnée sur la mise en place de cette commission d’enquête et au mois de décembre 2021, le président de la République Macky Sall a annoncé qu’elle n’était plus à l’ordre du jour, et qu’une procédure judiciaire avec des enquêtes sur ces incidents était en cours.

« Il n’y a plus de temps à perdre. La justice doit faire son travail en toute indépendance et rapidement pour établir les faits et les responsabilités et juger les éléments des forces de défense et de sécurité qui se sont rendus coupables d’utilisation excessive de la force et d’homicides illégaux » a déclaré Seydi Gassama, directeur de la Section Amnesty International au Sénégal.

« Les autorités sénégalaises doivent être transparentes sur l’évolution de l’enquête en cours, faire suite aux plaintes déposées par certaines familles de victimes et permettre aux victimes et leurs familles de participer au processus judiciaire. L’impunité de l’usage excessif de la force au Sénégal, y compris l’usage illégal d’armes à feu doit cesser », a déclaré Sadikh Niass, Secrétaire Général de la RADDHO.

Parmi les victimes, Cheikh Wade, un tailleur de 32 ans, qui a été tué par balle aux Parcelles Assainies, un quartier de Dakar, par les forces de l’ordre. La vidéo de sa mort a largement fait le tour des réseaux sociaux et des médias au Sénégal et dans le monde. Sur la vidéo authentifiée par Amnesty International, on peut voir un agent de Police viser et tirer sur Cheikh Wade. Une voiture de police vient ensuite au niveau du corps puis le dépasse, sans lui porter secours. La famille de Cheikh a porté plainte devant la Cour d’Appel de Dakar et le dossier n’a, à ce jour, connu aucune suite. Sa famille attend toujours que justice soit rendue, rapporte Amnesty International.

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Emmanuel Macron, qui tutoie Vladimir Poutine, a invité le chef d’état russe à « cesser de se mentir »

Lors de l’échange téléphonique : « Tu te racontes des histoires, tu cherches un prétexte dans tous les cas. Ce que tu me dis n’est pas conforme à la réalité et ne peut justifier ni les opérations militaires en cours, ni le fait que ton pays va finir isolé, affaibli et sous sanctions pour une période très longue ».

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03 MARS 2021-03 MARS 2022:Retour sur l’affaire Sonko-Adji Sarr qui a failli brûler le Sénégal, 14 morts et plus de 600 blessés durant une semaine de folie 

Il y a de cela 365 jours, le Sénégal a failli basculer dans le chaos. La cause ? L’arrestation de l’opposant Ousmane Sonko, suite à une plainte d’une jeune masseuse du nom de Adji Sarr. Celle-ci l’accusait de viols multiples et menace de mort. C’était le 3 mars 2021. Convoqué par le juge, le leader de Pastef avait vu son cortège bloqué par les forces de l’ordre sur le chemin du palais de justice. Après des échauffourées, son arrestation avait été ordonnée par le procureur de la République. Pour exiger sa libération immédiate, ses proches et sympathisants avaient pris d’assaut les rues de plusieurs villes du pays, brûlant des magasins et autres enseignes appartenant à la France. Ce, sans oublier les postes de police et autres bâtiments administratifs brûlés au cours de cette âpre bataille entre des partisans du leader de Pastef et les forces de défense et de sécurité du pays. Au bout de 72 heures d’émeutes, le candidat malheureux à la présidentielle de 2019 sera finalement libéré et mis sous contrôle judiciaire. Les manifestations pour sa libé- ration avaient fait 14 morts.

 Au début du mois de février 2021, une masseuse de 20 ans du nom d’Adji Sarr, officiant dans un cabinet à l’enseigne de Sweet Beauty, déposait une plainte contre Ousmane Sonko. Elle l’accusait de viols multiples et de menaces de mort. Dans une série de déclarations publiques, Sonko niait les faits soutenant que cette plainte procédait d’un complot ourdi par le président Macky Sall. Ce dernier démentait toute implication dans « cette affaire privée ». Toutefois, Sonko confirmait s’être rendu à plusieurs reprises dans le salon de massage en question et avoir été en contact avec la masseuse Adji Sarr, mais toujours en présence d’une autre personne. Ce qui n’avait pas empêché la machine judiciaire de se mettre en branle. C’est ainsi que l’immunité parlementaire du député de l’opposition a été levée le 26 février 2021. N’en ayant cure, Sonko annonce qu’il ne répondra pas à la convocation du juge avant de revenir sur sa décision. « Demain, à l’heure contenue dans la convocation, c’est-à-dire 9 heures, nous irons répondre, écouter le juge d’instruction au palais de justice de Dakar », indiquait-il, tard dans la soirée du mardi 02 mars 2021 devant la presse, justifiant cette décision par l’intervention de personnes dont il disait avoir écouté les conseils, notamment des représentants de la société civile, des milieux religieux et des partis d’opposition.

Comme promis, le lendemain du mercredi 03 mars 2021, le leader de Pastef a quitté son domicile pour aller répondre à la convocation du juge. Hélas, il a beaucoup traîné sur le chemin du Palais de justice, son cortège ayant fait le tour de quelques quartiers chauds de la capitale avant de vouloir passer par l’Université de Dakar. Et rien que sur l’itinéraire allant de chez lui, à la Cité Keur Gorgui, jusqu’à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, il a fait plusieurs heures à cause d’une foule immense qui était sortie pour l’accompagner. Une mobilisation folle qui avait d’ailleurs créé une situation incontrôlable dans la mesure où la foule de militants et sympathisants, qui accompagnait son cortège, ne cessait de grossier à mesure qu’il avançait et que le temps passait. Ce qui avait poussé d’ailleurs les forces de sécurité à lui demander de changer son itinéraire. Face à son refus, l’opposant sera donc arrêté et placé sous mandat de dépôt pour troubles à l’ordre public et participation à une manifestation non autorisée.

Des heurts éclatent partout dans Dakar…

Dès l’annonce de son interpellation, des heurts ont opposé ses partisans aux forces de l’ordre dans la capitale. Après un retour au calme, le jeudi matin, Dakar s’était à nouveau embrasée dans l’après-midi, ses rues étaient redevenues le théâtre de scènes de violences. Manifestants et forces de l’ordre s’étaient livrés d’intenses affrontements pendant une partie de la journée. Aux jets de pierres, les policiers répondaient par des jets de lacrymogènes au milieu de rues bloquées par des pneus brûlés. Des scènes de pillage de magasins avaient été rapportées. Plusieurs témoins avaient également fait état de la présence de miliciens en civil évoluant aux côtés des forces de sécurité et s’at- taquant aux manifestants. Outre Dakar, des manifestations avaient aussi été enregistrées en Casamance où un jeune homme du nom de Cheikh Ibrahima Coly fut tué à Bignona. Une enquête avait été ouverte, selon le préfet de la ville, Babacar Diagne, à la suite de ce décès.

Télévisions suspendues, internet perturbé…

L’autre fait marquant de ces événements de mars 2021 était la coupure des signaux des chaînes SenTv et Walfadjari qui couvraient ces émeutes par le Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA). Lequel avait jugé que les deux médias faisaient « explicitement ou implicitement l’apologie de la violence » en diffusant des images in- citant à des troubles de l’ordre public, ou « de nature à constituer une menace pour la stabilité nationale ou la cohésion sociale ». Comme pour répondre au CNRA, des manifestants avaient assailli les locaux de la radio RFM à Dakar. Sur place, ils avaient brûlé des véhicules et caillassé les vitres des locaux de ce média ladite chaîne qu’ils accusaient d’être favorable au président Macky Sall. Face à la montée des manifestations, des restrictions avaient été observées sur Inter- net, en particulier dans les services de messagerie privée tels que WhatsApp et Télégramme, ainsi que dans les services de diffusion de vidéos, dont YouTube.

L’armée réquisitionnée

Pour mettre fin aux manifestations et autres saccages d’intérêts français et aussi de bâtiments administratifs, le gouverneur de Dakar avait fait appel à l’armée « pour le maintien et le rétablissement de l’ordre sur toute l’étendue du territoire » de la région. Des mesures qui avaient suscité l’inquiétude des organisations de la société civile. « Les militaires sont-ils formés pour le maintien et le rétablissement de l’ordre ? », s’était interrogé Seydi Gassama, le directeur d’Amnesty International au Sénégal, qui exigeait l’ouverture d’une enquête concernant les actes des forces de sécurité. Dès l’annonce de son interpellation, des heurts ont opposé ses partisans aux forces de l’ordre dans la capitale. Après un retour au calme, le jeudi matin, Dakar s’était à nouveau embrasée dans l’après-midi, ses rues étaient redevenues le théâtre de scènes de violences. Manifestants et forces de l’ordre s’étaient livrés d’intenses affrontements pendant une partie de la journée. Aux jets de pierres, les policiers répondaient par des jets de lacrymogènes au milieu de rues bloquées par des pneus brûlés. Des scènes de pillage de magasins avaient été rapportées. Plusieurs témoins avaient également fait état de la présence de miliciens en civil évoluant aux côtés des forces de sécurité et s’attaquant aux manifestants. Outre Dakar, des manifestations avaient aussi été enregistrées en Casamance où un jeune homme du nom de Cheikh Ibrahima Coly fut tué à Bignona. Une enquête avait été ouverte, selon le préfet de la ville, Babacar Diagne, à la suite de ce décès. Le samedi 6 mars 2021, le collectif Mouvement de défense de la démocratie (M2D), comprenant le parti de l’opposant arrêté, des formations d’opposition et des organisations contestataires de la société civile ont appelé « à descendre massivement dans les rues » à partir du lundi suivant. Ses dirigeants s’en sont durement pris au président Macky Sall, qualifié « d’apprenti dictateur ». Il a perdu « l’autorité morale » pour rester président, a dit un des leaders du mouvement, Cheikh Tidiane Dieye. Il s’en est tenu à ces mots quand la presse lui a demandé si le collectif appelait les Sénégalais à réclamer la démission de Macky Sall, président depuis 2012.

Le président accusé de complot

Tous les manifestants s’étaient dits convaincus de l’existence d’un « complot » orchestré par le parti au pouvoir si ce n’est par son chef, le président Macky Sall. Certains parmi eux accusaient la France. Le Mouvement de défense de la démocratie avait en effet désigné des « parrains étrangers » à qui Macky Sall s’emploierait à « faire plaisir ». Silencieux depuis le début, le chef de l’Etat finira par se prononcer sur les manifestations via son ministre de l’Intérieur, Antoine Félix Abdoulaye Diome, qui appelle au calme et fait miroiter la perspective d’un allègement du couvre-feu instauré contre la pandémie et qui pesait sur l’activité d’un grand nombre de Sénégalais. Il n’avait pas manqué non plus de hausser le ton en pro- mettant que l’Etat emploierait « tous les moyens nécessaires » pour rétablir l’ordre. « Toutes les personnes auteures d’actes criminels seront recherchées, arrêtées, pour- suivies et traduites devant la justice », avait-il promis fermement.

Une journée plus calme samedi

Après avoir connu pendant trois jours ses pires troubles depuis des années, le Sénégal avait connu une relative accalmie le samedi 06 mars 2021, jour de relâche d’ordinaire. Des actes de saccage et de pillage avaient cependant continué à être rapportés, y com- pris contre des enseignes françaises. La tension risquait toutefois de renaître de nouveau le lundi avec l’appel lancé en ce sens par le M2D. Cette date coïncidait avec la présentation d’Ousmane Sonko devant un juge. La décision du magistrat de le relâcher ou de l’écrouer s’annonçait lourde de consquences. Le collectif réclamait « la libération immédiate de tous les prisonniers politiques illégalement et arbitrairement dé- tenus », le rétablissement du signal sus- pendu de Walf Tv et Sen Tv, accusées d’avoir diffusé « en boucle » des images des troubles, et une enquête sur ce que le mouvement appelle un « complot » du pouvoir. L’Afrique de l’Ouest (Cédéao) n’avait pas manqué de réagir en appelant « toutes les parties à la retenue et au calme ». L’Union africaine avait elle aussi exprimé sa « préoccupation » et son attachement à une solution « par la voie pacifique, le dialogue et dans le strict respect de l’ordre ».

Conduit au tribunal tôt dans la matinée du lundi 8 mars 2021, Ousmane Sonko comparaissait devant Samba Sall, l’alors doyen des juges décédé quelques semaines après les faits, qui l’avait avant de le placer sous contrôle judiciaire, « assorti de certaines conditions ». Son passeport confisqué, Ousmane Sonko est tenu depuis lors de demander l’autorisation du juge s’il souhaite voyager. Une autorisation qui ne lui a jamais été accordée, malgré les demandes répétées de ses avocats. Le leader du Pastef devrait aussi se présenter chaque dernier vendredi du mois devant le juge. Il devrait également se mettre à disposition des en- quêteurs, au cas où le juge saisirait la police ou la gendarmerie dans le cadre de l’en- quête qui le vise. Le calme était revenu juste après sa libération comme si de rien ne s’était jamais passé dans le pays. 12 mois après, rien ne bouge dans ce dossier. Le peuple, lui, retient son souffle et espère connaître un jour toute la vérité sur cette affaire qui a fait 14 morts et plus de 600 blessés… Sans compter des dégâts matériels estimés à des milliards de francs !

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Saint-Louis: il tente de coucher avec sa voisine qui s’agrippe à ses parties intimes

Elargi de prison il y a juste 2 mois pour détention et usage de chanvre indien, M. Diaw retourne déjà en prison. Mouillé dans une affaire de mœurs, le mis en cause a cherché à satisfaire sa libido sur sa voisine K. Cissé, divorcée et mère de trois enfants. Les faits ont lieu au village de Guidakhar où le prévenu a voulu forcer la plaignante à entretenir des relations sexuelles avec lui. À croire « L’Observateur », pour se défendre, la mère de famille s’est agrippée aux parties intimes de son bourreau qui avait engagé une bagarre. Fou de douleur, M. Diaw s’est enfui en laissant, derrière lui, son téléphone et son pantalon.

Toutefois, munie d’un certificat médical attestant d’une Incapacité temporaire de travail (Itt) de 4 jours, K. Cissé s’est présentée à la Brigade de gendarmerie de Dagana pour y déposer une plainte contre M. Diaw dans l’après-midi du 14 février 2022. D’après les éléments de l’enquête, M. Diaw et K. Cissé se connaissent parfaitement. À un moment donné, le prévenu M. Diaw avait formulé une demande en mariage à sa victime.

Demande que celle-ci a décliné. D’après le récit de la plaignante, son « bourreau » l’a trouvée dans sa chambre à coucher pour lui proposer d’entretenir des relations sexuelles avec lui, moyennant la somme de 5 000 FCfa. Devant son refus catégorique, elle informe que M. Diaw à tenter de coucher avec elle en usant de la force. C’est ainsi qu’une bagarre est engagée dans la chambre pour se poursuivre dans la cour de la maison.

Face aux enquêteurs, M. Diaw a nié les faits qui lui sont reprochés. Il a déclaré connaître K. Cissé et qu’il a mis à la disposition de sa victime une maison en guise de prêt, pendant 2 ans. Pour justifier sa présence sur le lieu des faits, il a affirmé qu’il était venu pour effectuer une visite amicale à K. Cissé. C’est à cette occasion que la dame l’invite à prendre place dans sa chambre à coucher. Toujours selon le prévenu, une dispute a éclaté entre la dame et lui. Et c’est quand il a voulu quitter les lieux que la victime a commencé à le frapper avant de s’agripper à ses parties intimes, l’obligeant à se défendre.

Concernant ses bagages abandonnés sur place, M. Diaw a révélé qu’il ne voulait pas que les gens le trouvent nu dans la cour de la maison, car K. Cissé avait enlevé son pantalon. Reconnu coupable « d’attentat à la pudeur et de coups et blessures volontaires », le prévenu a été condamné à une peine de 2 ans ferme et à payer une amende de 100 000 FCfa.

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Entretien Macky-Trudeau: une discussion téléphonique et deux versions sur les sujets évoqués

Le Président Macky Sall a eu un entretien téléphonique avec le Premier ministre canadien hier mercredi. Rien d’extraordinaire jusqu’à ce que les deux chefs d’Etat et Gouvernement décident de partager le contenu de leurs discussions sur les Réseaux sociaux.  

Le Président sénégalais, qui ne s’est pas épanché sur tous les points évoqués durant l’entretien téléphonique, a remercié son homologue canadien avant de se réjouir de son soutien au projet de chemin de fer Dakar-Tambacounda.

Seulement, en parcourant le compte Twitter du Premier ministre canadien, on se rend compte que la discussion avec les deux autorités a essentiellement tourné autour de la guerre entre la Russie et l’Ukraine

Ce n’est pas tout. Le Premier ministre Justin Trudeau a partagé sur le Réseau social le lien renvoyant à son site officiel de l’article qui revient en détail sur le contenu de sa discussion avec Macky Sall. Le chemin de fer Dakar-Tambacounda n’a pas été évoqué dans la discussion, si l’on se fie à cet article dont le contenu intégral suit

« Aujourd’hui, le premier ministre Justin Trudeau s’est entretenu avec le président du Sénégal, Macky Sall.

Le premier ministre a fermement condamné l’invasion injustifiable et non provoquée de l’Ukraine par la Russie ainsi que l’agression militaire à grande échelle de cette dernière contre l’intégrité territoriale, la souveraineté et l’indépendance de l’Ukraine. Le premier ministre a exprimé sa vive préoccupation à l’égard de l’Ukraine et de sa population.

Les deux dirigeants ont discuté du coût terrible de la guerre et de la crise humanitaire qui sévit actuellement. Ils ont convenu de l’importance du droit humanitaire international et de la Charte des Nations Unies. Ils ont discuté des défis que doivent relever les démocraties et de l’importance de se mobiliser pour défendre les valeurs démocratiques et des sociétés ouvertes et inclusives.

Le premier ministre Trudeau a félicité le président Sall pour son élection à la présidence de l’Union africaine (UA) pour 2022. Il a réitéré l’engagement indéfectible du Canada à l’égard du rôle important que joue l’UA dans la promotion d’une Afrique intégrée, prospère et pacifique. Les deux dirigeants ont également échangé leurs points de vue sur la paix et la sécurité dans la région, y compris sur le conflit en cours en Éthiopie.

Le premier ministre Trudeau et le président Sall ont discuté des relations solides et de longue date entre le Canada et le Sénégal, notamment en matière de commerce et d’investissement. Ils ont réaffirmé leur engagement commun à renforcer les relations bilatérales entre les deux pays
« , a rapporté le site officiel du Premier ministre canadien Justin Trudeau.

Pour rappel, le Sénégal a opté pour l’Abstention au Conseil des Droits de l’Homme hier lors du vote de la Résolution condamnant l’attaque de la Russie contre l’Ukraine.

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