Le gouvernement avait annoncé en avril 2021, lors d’une conférence de presse, l’ouverture d’une commission d’enquête pour établir les circonstances de ces incidents et sanctionner le cas échéant les responsables. Mais aucune information n’a été donnée sur la mise en place de cette commission d’enquête et au mois de décembre 2021, le président de la République Macky Sall a annoncé qu’elle n’était plus à l’ordre du jour, et qu’une procédure judiciaire avec des enquêtes sur ces incidents était en cours.
« Il n’y a plus de temps à perdre. La justice doit faire son travail en toute indépendance et rapidement pour établir les faits et les responsabilités et juger les éléments des forces de défense et de sécurité qui se sont rendus coupables d’utilisation excessive de la force et d’homicides illégaux » a déclaré Seydi Gassama, directeur de la Section Amnesty International au Sénégal.
« Les autorités sénégalaises doivent être transparentes sur l’évolution de l’enquête en cours, faire suite aux plaintes déposées par certaines familles de victimes et permettre aux victimes et leurs familles de participer au processus judiciaire. L’impunité de l’usage excessif de la force au Sénégal, y compris l’usage illégal d’armes à feu doit cesser », a déclaré Sadikh Niass, Secrétaire Général de la RADDHO.
Parmi les victimes, Cheikh Wade, un tailleur de 32 ans, qui a été tué par balle aux Parcelles Assainies, un quartier de Dakar, par les forces de l’ordre. La vidéo de sa mort a largement fait le tour des réseaux sociaux et des médias au Sénégal et dans le monde. Sur la vidéo authentifiée par Amnesty International, on peut voir un agent de Police viser et tirer sur Cheikh Wade. Une voiture de police vient ensuite au niveau du corps puis le dépasse, sans lui porter secours. La famille de Cheikh a porté plainte devant la Cour d’Appel de Dakar et le dossier n’a, à ce jour, connu aucune suite. Sa famille attend toujours que justice soit rendue, rapporte Amnesty International.
Lors de l’échange téléphonique : « Tu te racontes des histoires, tu cherches un prétexte dans tous les cas. Ce que tu me dis n’est pas conforme à la réalité et ne peut justifier ni les opérations militaires en cours, ni le fait que ton pays va finir isolé, affaibli et sous sanctions pour une période très longue ».
Il y a de cela 365 jours, le Sénégal a failli basculer dans le chaos. La cause ? L’arrestation de l’opposant Ousmane Sonko, suite à une plainte d’une jeune masseuse du nom de Adji Sarr. Celle-ci l’accusait de viols multiples et menace de mort. C’était le 3 mars 2021. Convoqué par le juge, le leader de Pastef avait vu son cortège bloqué par les forces de l’ordre sur le chemin du palais de justice. Après des échauffourées, son arrestation avait été ordonnée par le procureur de la République. Pour exiger sa libération immédiate, ses proches et sympathisants avaient pris d’assaut les rues de plusieurs villes du pays, brûlant des magasins et autres enseignes appartenant à la France. Ce, sans oublier les postes de police et autres bâtiments administratifs brûlés au cours de cette âpre bataille entre des partisans du leader de Pastef et les forces de défense et de sécurité du pays. Au bout de 72 heures d’émeutes, le candidat malheureux à la présidentielle de 2019 sera finalement libéré et mis sous contrôle judiciaire. Les manifestations pour sa libé- ration avaient fait 14 morts.
Au début du mois de février 2021, une masseuse de 20 ans du nom d’Adji Sarr, officiant dans un cabinet à l’enseigne de Sweet Beauty, déposait une plainte contre Ousmane Sonko. Elle l’accusait de viols multiples et de menaces de mort. Dans une série de déclarations publiques, Sonko niait les faits soutenant que cette plainte procédait d’un complot ourdi par le président Macky Sall. Ce dernier démentait toute implication dans « cette affaire privée ». Toutefois, Sonko confirmait s’être rendu à plusieurs reprises dans le salon de massage en question et avoir été en contact avec la masseuse Adji Sarr, mais toujours en présence d’une autre personne. Ce qui n’avait pas empêché la machine judiciaire de se mettre en branle. C’est ainsi que l’immunité parlementaire du député de l’opposition a été levée le 26 février 2021. N’en ayant cure, Sonko annonce qu’il ne répondra pas à la convocation du juge avant de revenir sur sa décision. « Demain, à l’heure contenue dans la convocation, c’est-à-dire 9 heures, nous irons répondre, écouter le juge d’instruction au palais de justice de Dakar », indiquait-il, tard dans la soirée du mardi 02 mars 2021 devant la presse, justifiant cette décision par l’intervention de personnes dont il disait avoir écouté les conseils, notamment des représentants de la société civile, des milieux religieux et des partis d’opposition.
Comme promis, le lendemain du mercredi 03 mars 2021, le leader de Pastef a quitté son domicile pour aller répondre à la convocation du juge. Hélas, il a beaucoup traîné sur le chemin du Palais de justice, son cortège ayant fait le tour de quelques quartiers chauds de la capitale avant de vouloir passer par l’Université de Dakar. Et rien que sur l’itinéraire allant de chez lui, à la Cité Keur Gorgui, jusqu’à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, il a fait plusieurs heures à cause d’une foule immense qui était sortie pour l’accompagner. Une mobilisation folle qui avait d’ailleurs créé une situation incontrôlable dans la mesure où la foule de militants et sympathisants, qui accompagnait son cortège, ne cessait de grossier à mesure qu’il avançait et que le temps passait. Ce qui avait poussé d’ailleurs les forces de sécurité à lui demander de changer son itinéraire. Face à son refus, l’opposant sera donc arrêté et placé sous mandat de dépôt pour troubles à l’ordre public et participation à une manifestation non autorisée.
Des heurts éclatent partout dans Dakar…
Dès l’annonce de son interpellation, des heurts ont opposé ses partisans aux forces de l’ordre dans la capitale. Après un retour au calme, le jeudi matin, Dakar s’était à nouveau embrasée dans l’après-midi, ses rues étaient redevenues le théâtre de scènes de violences. Manifestants et forces de l’ordre s’étaient livrés d’intenses affrontements pendant une partie de la journée. Aux jets de pierres, les policiers répondaient par des jets de lacrymogènes au milieu de rues bloquées par des pneus brûlés. Des scènes de pillage de magasins avaient été rapportées. Plusieurs témoins avaient également fait état de la présence de miliciens en civil évoluant aux côtés des forces de sécurité et s’at- taquant aux manifestants. Outre Dakar, des manifestations avaient aussi été enregistrées en Casamance où un jeune homme du nom de Cheikh Ibrahima Coly fut tué à Bignona. Une enquête avait été ouverte, selon le préfet de la ville, Babacar Diagne, à la suite de ce décès.
Télévisions suspendues, internet perturbé…
L’autre fait marquant de ces événements de mars 2021 était la coupure des signaux des chaînes SenTv et Walfadjari qui couvraient ces émeutes par le Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA). Lequel avait jugé que les deux médias faisaient « explicitement ou implicitement l’apologie de la violence » en diffusant des images in- citant à des troubles de l’ordre public, ou « de nature à constituer une menace pour la stabilité nationale ou la cohésion sociale ». Comme pour répondre au CNRA, des manifestants avaient assailli les locaux de la radio RFM à Dakar. Sur place, ils avaient brûlé des véhicules et caillassé les vitres des locaux de ce média ladite chaîne qu’ils accusaient d’être favorable au président Macky Sall. Face à la montée des manifestations, des restrictions avaient été observées sur Inter- net, en particulier dans les services de messagerie privée tels que WhatsApp et Télégramme, ainsi que dans les services de diffusion de vidéos, dont YouTube.
L’armée réquisitionnée
Pour mettre fin aux manifestations et autres saccages d’intérêts français et aussi de bâtiments administratifs, le gouverneur de Dakar avait fait appel à l’armée « pour le maintien et le rétablissement de l’ordre sur toute l’étendue du territoire » de la région. Des mesures qui avaient suscité l’inquiétude des organisations de la société civile. « Les militaires sont-ils formés pour le maintien et le rétablissement de l’ordre ? », s’était interrogé Seydi Gassama, le directeur d’Amnesty International au Sénégal, qui exigeait l’ouverture d’une enquête concernant les actes des forces de sécurité. Dès l’annonce de son interpellation, des heurts ont opposé ses partisans aux forces de l’ordre dans la capitale. Après un retour au calme, le jeudi matin, Dakar s’était à nouveau embrasée dans l’après-midi, ses rues étaient redevenues le théâtre de scènes de violences. Manifestants et forces de l’ordre s’étaient livrés d’intenses affrontements pendant une partie de la journée. Aux jets de pierres, les policiers répondaient par des jets de lacrymogènes au milieu de rues bloquées par des pneus brûlés. Des scènes de pillage de magasins avaient été rapportées. Plusieurs témoins avaient également fait état de la présence de miliciens en civil évoluant aux côtés des forces de sécurité et s’attaquant aux manifestants. Outre Dakar, des manifestations avaient aussi été enregistrées en Casamance où un jeune homme du nom de Cheikh Ibrahima Coly fut tué à Bignona. Une enquête avait été ouverte, selon le préfet de la ville, Babacar Diagne, à la suite de ce décès. Le samedi 6 mars 2021, le collectif Mouvement de défense de la démocratie (M2D), comprenant le parti de l’opposant arrêté, des formations d’opposition et des organisations contestataires de la société civile ont appelé « à descendre massivement dans les rues » à partir du lundi suivant. Ses dirigeants s’en sont durement pris au président Macky Sall, qualifié « d’apprenti dictateur ». Il a perdu « l’autorité morale » pour rester président, a dit un des leaders du mouvement, Cheikh Tidiane Dieye. Il s’en est tenu à ces mots quand la presse lui a demandé si le collectif appelait les Sénégalais à réclamer la démission de Macky Sall, président depuis 2012.
Le président accusé de complot
Tous les manifestants s’étaient dits convaincus de l’existence d’un « complot » orchestré par le parti au pouvoir si ce n’est par son chef, le président Macky Sall. Certains parmi eux accusaient la France. Le Mouvement de défense de la démocratie avait en effet désigné des « parrains étrangers » à qui Macky Sall s’emploierait à « faire plaisir ». Silencieux depuis le début, le chef de l’Etat finira par se prononcer sur les manifestations via son ministre de l’Intérieur, Antoine Félix Abdoulaye Diome, qui appelle au calme et fait miroiter la perspective d’un allègement du couvre-feu instauré contre la pandémie et qui pesait sur l’activité d’un grand nombre de Sénégalais. Il n’avait pas manqué non plus de hausser le ton en pro- mettant que l’Etat emploierait « tous les moyens nécessaires » pour rétablir l’ordre. « Toutes les personnes auteures d’actes criminels seront recherchées, arrêtées, pour- suivies et traduites devant la justice », avait-il promis fermement.
Une journée plus calme samedi
Après avoir connu pendant trois jours ses pires troubles depuis des années, le Sénégal avait connu une relative accalmie le samedi 06 mars 2021, jour de relâche d’ordinaire. Des actes de saccage et de pillage avaient cependant continué à être rapportés, y com- pris contre des enseignes françaises. La tension risquait toutefois de renaître de nouveau le lundi avec l’appel lancé en ce sens par le M2D. Cette date coïncidait avec la présentation d’Ousmane Sonko devant un juge. La décision du magistrat de le relâcher ou de l’écrouer s’annonçait lourde de consquences. Le collectif réclamait « la libération immédiate de tous les prisonniers politiques illégalement et arbitrairement dé- tenus », le rétablissement du signal sus- pendu de Walf Tv et Sen Tv, accusées d’avoir diffusé « en boucle » des images des troubles, et une enquête sur ce que le mouvement appelle un « complot » du pouvoir. L’Afrique de l’Ouest (Cédéao) n’avait pas manqué de réagir en appelant « toutes les parties à la retenue et au calme ». L’Union africaine avait elle aussi exprimé sa « préoccupation » et son attachement à une solution « par la voie pacifique, le dialogue et dans le strict respect de l’ordre ».
Conduit au tribunal tôt dans la matinée du lundi 8 mars 2021, Ousmane Sonko comparaissait devant Samba Sall, l’alors doyen des juges décédé quelques semaines après les faits, qui l’avait avant de le placer sous contrôle judiciaire, « assorti de certaines conditions ». Son passeport confisqué, Ousmane Sonko est tenu depuis lors de demander l’autorisation du juge s’il souhaite voyager. Une autorisation qui ne lui a jamais été accordée, malgré les demandes répétées de ses avocats. Le leader du Pastef devrait aussi se présenter chaque dernier vendredi du mois devant le juge. Il devrait également se mettre à disposition des en- quêteurs, au cas où le juge saisirait la police ou la gendarmerie dans le cadre de l’en- quête qui le vise. Le calme était revenu juste après sa libération comme si de rien ne s’était jamais passé dans le pays. 12 mois après, rien ne bouge dans ce dossier. Le peuple, lui, retient son souffle et espère connaître un jour toute la vérité sur cette affaire qui a fait 14 morts et plus de 600 blessés… Sans compter des dégâts matériels estimés à des milliards de francs !
Elargi de prison il y a juste 2 mois pour détention et usage de chanvre indien, M. Diaw retourne déjà en prison. Mouillé dans une affaire de mœurs, le mis en cause a cherché à satisfaire sa libido sur sa voisine K. Cissé, divorcée et mère de trois enfants. Les faits ont lieu au village de Guidakhar où le prévenu a voulu forcer la plaignante à entretenir des relations sexuelles avec lui. À croire « L’Observateur », pour se défendre, la mère de famille s’est agrippée aux parties intimes de son bourreau qui avait engagé une bagarre. Fou de douleur, M. Diaw s’est enfui en laissant, derrière lui, son téléphone et son pantalon.
Toutefois, munie d’un certificat médical attestant d’une Incapacité temporaire de travail (Itt) de 4 jours, K. Cissé s’est présentée à la Brigade de gendarmerie de Dagana pour y déposer une plainte contre M. Diaw dans l’après-midi du 14 février 2022. D’après les éléments de l’enquête, M. Diaw et K. Cissé se connaissent parfaitement. À un moment donné, le prévenu M. Diaw avait formulé une demande en mariage à sa victime.
Demande que celle-ci a décliné. D’après le récit de la plaignante, son « bourreau » l’a trouvée dans sa chambre à coucher pour lui proposer d’entretenir des relations sexuelles avec lui, moyennant la somme de 5 000 FCfa. Devant son refus catégorique, elle informe que M. Diaw à tenter de coucher avec elle en usant de la force. C’est ainsi qu’une bagarre est engagée dans la chambre pour se poursuivre dans la cour de la maison.
Face aux enquêteurs, M. Diaw a nié les faits qui lui sont reprochés. Il a déclaré connaître K. Cissé et qu’il a mis à la disposition de sa victime une maison en guise de prêt, pendant 2 ans. Pour justifier sa présence sur le lieu des faits, il a affirmé qu’il était venu pour effectuer une visite amicale à K. Cissé. C’est à cette occasion que la dame l’invite à prendre place dans sa chambre à coucher. Toujours selon le prévenu, une dispute a éclaté entre la dame et lui. Et c’est quand il a voulu quitter les lieux que la victime a commencé à le frapper avant de s’agripper à ses parties intimes, l’obligeant à se défendre.
Concernant ses bagages abandonnés sur place, M. Diaw a révélé qu’il ne voulait pas que les gens le trouvent nu dans la cour de la maison, car K. Cissé avait enlevé son pantalon. Reconnu coupable « d’attentat à la pudeur et de coups et blessures volontaires », le prévenu a été condamné à une peine de 2 ans ferme et à payer une amende de 100 000 FCfa.
Le Président Macky Sall a eu un entretien téléphonique avec le Premier ministre canadien hier mercredi. Rien d’extraordinaire jusqu’à ce que les deux chefs d’Etat et Gouvernement décident de partager le contenu de leurs discussions sur les Réseaux sociaux.
Le Président sénégalais, qui ne s’est pas épanché sur tous les points évoqués durant l’entretien téléphonique, a remercié son homologue canadien avant de se réjouir de son soutien au projet de chemin de fer Dakar-Tambacounda.
Je remercie mon ami le Premier Ministre @JustinTrudeau du Canada pour son appel de ce jour. Nos deux pays entretiennent d’excellentes relations. Je me réjouis de son soutien au projet de chemin de fer Dakar-Tambacounda.
Seulement, en parcourant le compte Twitter du Premier ministre canadien, on se rend compte que la discussion avec les deux autorités a essentiellement tourné autour de la guerre entre la Russie et l’Ukraine
Aujourd’hui, j’ai parlé avec le président @Macky_Sall de la relation Canada-Sénégal. J’ai soulevé l’invasion injustifiable et non provoquée de l’Ukraine par la Russie, et on a discuté de l’importance du droit international et des valeurs démocratiques et d’autres enjeux mondiaux.
Ce n’est pas tout. Le Premier ministre Justin Trudeau a partagé sur le Réseau social le lien renvoyant à son site officiel de l’article qui revient en détail sur le contenu de sa discussion avec Macky Sall. Le chemin de fer Dakar-Tambacounda n’a pas été évoqué dans la discussion, si l’on se fie à cet article dont le contenu intégral suit
Le premier ministre a fermement condamné l’invasion injustifiable et non provoquée de l’Ukraine par la Russie ainsi que l’agression militaire à grande échelle de cette dernière contre l’intégrité territoriale, la souveraineté et l’indépendance de l’Ukraine. Le premier ministre a exprimé sa vive préoccupation à l’égard de l’Ukraine et de sa population.
Les deux dirigeants ont discuté du coût terrible de la guerre et de la crise humanitaire qui sévit actuellement. Ils ont convenu de l’importance du droit humanitaire international et de la Charte des Nations Unies. Ils ont discuté des défis que doivent relever les démocraties et de l’importance de se mobiliser pour défendre les valeurs démocratiques et des sociétés ouvertes et inclusives.
Le premier ministre Trudeau a félicité le président Sall pour son élection à la présidence de l’Union africaine (UA) pour 2022. Il a réitéré l’engagement indéfectible du Canada à l’égard du rôle important que joue l’UA dans la promotion d’une Afrique intégrée, prospère et pacifique. Les deux dirigeants ont également échangé leurs points de vue sur la paix et la sécurité dans la région, y compris sur le conflit en cours en Éthiopie.
Le premier ministre Trudeau et le président Sall ont discuté des relations solides et de longue date entre le Canada et le Sénégal, notamment en matière de commerce et d’investissement. Ils ont réaffirmé leur engagement commun à renforcer les relations bilatérales entre les deux pays« , a rapporté le site officiel du Premier ministre canadien Justin Trudeau.
Pour rappel, le Sénégal a opté pour l’Abstention au Conseil des Droits de l’Homme hier lors du vote de la Résolution condamnant l’attaque de la Russie contre l’Ukraine.
Le nouveau maire de Guédiawaye, Ahmed Aïdara tient enfin « son » bureau municipal. Après une première séance avortée le 17 février dernier, l’élection du bureau municipal s’est finalement tenue dans le calme, ce mercredi 2 mars 2022. Ainsi les 14 adjoints au maire ont été élus et installés à l’issue d’un long processus de vote qui a duré plus de 17 heures ( de 10 heures à 3 heures du matin).
Les résultats issus des urnes donnent Benno Bokk Yakaar largement en tête. En effet, Aliou Sall et ses « partenaires politiques » (une frange de l’opposition, Ndlr) ont raflé 11 des 14 postes d’adjoints qui étaient en jeu contre 3 pour la coalition du maire (Ahmed Aïdara) Yewwi Askan Wi.
Bby a opéré une vraie razzia. Cheikh Sarr (Bby) a été confirmé 1er adjoint, Aïda Sow Diawara s’est emparé du poste de 2e adjoint, Ndiogou Malick Dieng (Wallu investi par Benno) 3e adjoint, Fama Diakhaté (Bby) 4e adjointe, Sada Sall (Bby) 5e adjoint, Awa Sow (Bby) 6e adjointe, Racine Ba (Gueum sa bop investi par Bby) 7e adjoint, Mame Ibra Ba (Bby) 9e adjoint, Fatoumata Sy (Bby) 10e adjointe, Moulaye Camara (And Nawlé, investi par Bby) 11e adjoint et Ass Saliou Fall (Bby) 13e adjoint.
Avec sa majorité, Benno envisage d’imposer « cohabitation municipale », renseigne le maire sortant, Aliou Sall. L’ex-édile de Guédiawaye de préciser qu’il s’agira à travers ce scénario inédit, d’accompagner le nouveau maire mais également de contrôler l’action municipale telle que prévue par la loi.
Yewwi sauvée par ses femmes
Yewwi Askan wi a littéralement dégringolé, a frôlé le crash lors de cette élection. Ce sont les femmes qui ont sauvé la face en s’emparant du poste de 8e adjointe après 3 tour de vote marqué par une égalité parfaite entre Fatoumata Sy (Bb) et Aminata Souaré (Yaw). Ainsi, Yaw doit son salut au droit aînesse. D’après les texte après 3 tours de votes, c’est le droit d’aînesses qui s’impose pour départager les candidats. Aminata Souaré étant plus âgée que Fatoumata Sy, a été installée au poste de 8e adjointe.
Yaw se consolera également avec les postes de 12e et 14e adjointes respectivement gagnés par Fatou Kiné Mbaye et Awa Diaw.
Douchés par ces résultats totalement en leur défaveur, le camp de Ahmed Aïdara accuse l’opposition d’avoir « trahi Guédiawaye ».
En magnifiant la vie et l’œuvre de Seydina Limamoulaye, le Chef de l’Etat a insisté sur la nécessité de préserver la paix et le vivre ensemble tels que enseignés par le Mahdi. De son côté, le Khalif et l’ensemble de la famille ont marqué leur gratitude au Chef de l’Etat pour les dispositions prises pour la réussite de l’événement .
Le chef de l’Etat, Macky Sall, a fait part mercredi, à Dakar, de « sa grave préoccupation face à la situation en Ukraine », en allusion à l’invasion de ce pays par la Russie, tout en réaffirmant l’adhésion du Sénégal aux principes du non-alignement et du règlement pacifique des différends.
Macky Sall, présidant le même jour la réunion du Conseil des ministres, « a exprimé sa grave préoccupation face à la situation en Ukraine », où une offensive militaire russe est en cours depuis le 24 février dernier, après des semaines de tension entre les deux pays. La Russie, dont l’intervention militaire était lundi au menu d’une « session extraordinaire d’urgence » de l’Assemblée générale des Nations unies, a fait valoir son droit à l’auto-défense, prévu par l’article 51 de la Charte de l’ONU, mettant notamment en avant la « souffrance » dans la région séparatiste du Donbass.
Dans le Donbass, région de l’Ukraine frontalière de la Russie et majoritairement russophone, un conflit larvé oppose depuis 2014 le gouvernement ukrainien à des séparatistes pro-russes et à la Russie. Selon le communiqué du Conseil des ministres du jour du gouvernement sénégalais, Macky Sall a indiqué que sa position sur cette question s’inscrit dans l’esprit des deux communiqués publiés en sa qualité de président en exercice de l’Union africaine. Dans l’un de ces textes rendu public, il a exprimé, avec le président de la Commission de l’Union africaine, Moussa Faki Mahamat, son « extrême préoccupation face à la très grave et dangereuse situation créée en Ukraine ». Les deux dirigeants ont aussi appelé « la fédération de Russie et tout autre acteur régional ou international au respect impératif du droit international, de l’intégrité territoriale et de la souveraineté nationale de l’Ukraine ».
Ils ont également exhorté « les deux parties à l’instauration immédiate d’un cessez le feu et à l’ouverture sans délai de négociations politiques sous l’égide des Nations unies, afin de préserver le monde des conséquences d’un conflit planétaire, pour la paix et la stabilité dans les relations internationales au service de tous les peuples du monde ». Le président Sall, pour conclure, « a également réaffirmé l’adhésion du Sénégal aux principes du Non Alignement et du règlement pacifique des différends », selon le communiqué du Conseil des ministres.
Il y a maintenant une semaine, la Russie lançait une offensive pour « dénazifier » l’Ukraine. Une opération qui s’annonce désastreuse pour ce pays de l’Europe de l’Est qui ne doit, pour l’heure, compter que sur ses propres forces contre un adversaire plus robuste.
Décidé à se battre contre la Russie, le président Volodymyr Zelensky a mis sa tenue de chef de guerre et n’en finit plus de booster ses troupes. Il n’empêche, le chef de l’État ukrainien ne dit pas non à un appui extérieur pour contenir les assauts russes. C’est dans ce registre qu’il faut inscrire son appel du 27 février dernier à l’endroit des européens et des étrangers souhaitant combattre aux côtés des forces régulières ukrainiennes. « Si vous avez une expérience de combat et que vous ne voulez pas regarder l’indécision de vos responsables politiques, vous pouvez venir dans notre pays pour défendre l’Europe », a-t-il déclaré. Depuis, des européens se mobilisent pour répondre à cet appel qui transcende le vieux continent. Postée sur la page de l’ambassade d’Ukraine à Dakar, la demande de soutien du président Zelensky a enregistré des réponses favorables…de sénégalais. Le constat a été fait par l’activiste Idrissa Fall Cissé dont le post sur Twitter a été pris par beaucoup d’internautes sénégalais pour une blague de mauvais goût.
Vérification faite, il s’est avéré qu’une dizaine de personnes dont nous ne sommes pas sûrs qu’elles soient toutes sénégalaises ont manifesté leur volonté de prendre les armes pour défendre l’Ukraine. Dakaractu s’est rapproché de certaines d’entre elles.
« Tout ce que je sais de la guerre, je l’ai appris à l’école… »
« Oui, je suis prêt à partir », assume M. S. Il affirme avoir été convaincu par le discours prononcé par le président ukrainien à l’intention des pays de l’Union européenne et au terme duquel, il aurait même versé des larmes. Questionné sur ses réelles motivations, il s’accroche sur la nécessité de secourir les populations civiles. « Il faut penser aux innocents qui sont en train de payer le prix (sic) », argue-t-il.
Appelons le Moussa. Lorsqu’il a vu les premières images de l’invasion russe, le maçon de profession s’est fait une religion. « C’est une injustice que le peuple ukrainien est en train de subir », nous confie-t-il au bout du fil. Comme Moussa, B. G est prêt à avaler plus de 5000 kilomètres pour défendre l’Ukraine.Malgré cet engagement dont la sincérité est difficile à mesurer, ces deux citoyens sénégalais sont en deçà des critères requis pour aller au front. Ils reconnaissent n’avoir eu aucune formation militaire. « Tout ce que je sais de la guerre, je l’ai appris à l’école et c’était l’histoire de la première guerre, de la deuxième et de la guerre froide », assure B.G. Ce handicap qui risque de le disqualifier d’office ne dissuade pas pour autant l’« étudiant » doublé d’un « bijoutier ». « En répondant à l’appel de la France, les tirailleurs n’étaient pas performants en armes. Mais ils ont libéré l’Europe », se cramponne-t-il à son désir d’aller sauver l’Ukraine des griffes de Poutine. De son côté, M. S avoue avoir été initié au maniement des armes. « J’ai fait tout ce que je devais faire monsieur », ajoute-t-il tout en refusant de laisser échapper quoi que ce soit sur sa sélection ou non par l’ambassade d’Ukraine. Sous le message posté le 27 février à 17 heures 13 minutes, un formulaire a été mis à la disposition des candidats du Sénégal, de la Côte d’Ivoire, de la Guinée, de la Guinée Bissau, de la Guinée Équatoriale, du Gabon et du Libéria. Ces derniers doivent renseigner plusieurs champs allant de leur adresse email, à leurs prénoms et nom, à leur expérience militaire et à leur situation financière. Sans doute, c’est une manière pour l’ambassade de faire le tri car ils ne manqueront pas de propositions fantaisistes mues uniquement par la volonté de migrer en Europe. Pourtant, tous les candidats avec lesquels nous avons discuté nient avoir cette idée derrière la tête. « S’il s’agissait seulement de ça, je serai parti il y a longtemps. J’ai les moyens de partir où je veux monsieur», se défend M. S alors que Moussa soutient qu’il gagne bien sa vie. Que de paroles en l’air ? Nous ne disposons pas d’assez d’éléments pour en juger. 36 candidatures sénégalaises enregistrées
Quelles que soient les raisons avouées ou cachées, l’engouement montré par les candidats enchante l’ambassadeur d’Ukraine au Sénégal. Yuri Pyvovarov révèle dans un entretien accordé ce mercredi 2 mars à Dakaractu que « nous avons reçu 36 candidatures de la part des sénégalais ». Ce qu’il trouve « agréable et positif ».
Cependant, il précise que tout le monde ne sera pas pris. « Actuellement, les services compétents ukrainiens sont en train de travailler pour scanner chaque profil afin d’éviter les infiltrations de personnes indésirables », assure le diplomate selon qui, ce travail prendra « deux ou trois jours ». Ceux qui seront retenus à l’issue de cet exercice seront envoyés en Ukraine à travers des points de passage bien identifiés. L’ambassadeur n’écarte pas une possible rétribution financière. « Pour le moment, j’ignore le niveau de rémunération, mais je pense qu’ils seront rémunérés », croit savoir le diplomate, ajoutant dans le même sillage que les survivants pourront même prétendre à la nationalité ukrainienne. Mais tout ceci ne semble pas revêtir d’importance pour M. S. « Je veux être parmi les héros dont l’histoire retiendra qu’ils ont libéré l’Ukraine », idéalise « l’électrotechnicien ».
« Je veux être parmi les héros qui ont libéré l’Ukraine »
Par ailleurs, l’ambassadeur a tenu à lever le voile sur le caractère transparent de cette démarche. « Nous avons publié cet appel sur notre page Facebook. Nous avons aussi distribué l’information au niveau officiel, au ministère des affaires étrangères et un peu partout. Tout le monde est au courant », tente-t-il de rassurer.
Nos tentatives de faire réagir les autorités sénégalaises se sont révélées sans suite. Mais, la seule évocation d’un enrôlement de sénégalais, fut-il pour un noble combat rend nerveux les services de renseignement généraux. « C’est une source d’inquiétude », nous a soufflé un des leurs. La dernière fois que des ressortissants sénégalais se sont mobilisés pour rejoindre une cause à l’extérieur, ils ont donné du fil à retordre aux services de sécurité.