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Officiel: Lamine Diadhiou quitte le Casa Sports pour Al Hilal (Soudan)

Le Casa Sports officialise le départ de Lamine Diadhiou. Annoncé partant ces derniers jours, le meilleur joueur de la Ligue 1 va désormais évoluer dans le championnat du Soudan sous les couleurs d’Al Hilal.

« Nous vous annonçons le transfert de Lamine Diadhiou à Al Hilal (Soudan) pour un montant de 250K$. Le
Casa Sports SC dispose de 10% en cas d’un éventuel transfert de Lamine de son nouveau club vers un autre. Nous lui souhaitons une bonne suite de carrière », annonce le club dans un communiqué.

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Législatives : voici la répartition des députés par région

Six millions 727 mille 759 électeurs sont appelés aux urnes, ce dimanche, pour élire les 165 députés de l’Assemblée nationale. Cinquante-trois sièges sont à pourvoir au scrutin proportionnel et cent-douze au scrutin majoritaire ou départemental. Ceux-ci sont répartis entre les quatorze régions du Sénégal plus la Diaspora. Chaque région hérite d’un nombre de députés correspondant à son poids démographique. Voici la répartition par région et par département parue dans L’Observateur de ce samedi.

Dakar (18 députés)

Dakar (7)

Pikine (5)

Guédiawaye (2)

Keur Massar (2)

Rufisque (2)

Thiès (10)

Thiès (4)

Mbour (4)

Tivaouane (2)

Diourbel (9)

Diourbel (2)

Bambey (2)

Mbacké (5)

Tamba (7)

Tamba (2)

Bakel (2)

Koumpentoum (2)

Goudiry (1)

Sédhiou (6)

Sédhiou (2)

Bounkiling (2)

Goudomp (2)

Saint-Louis (6)

Saint-Louis (2)

Podor (2)

Dagana (2)

Kaffrine (6)

Kaffrine (2)

Koungheul (2)

Malem Hoddare (1)

Birkilane (1)

Kolda (6)

Kolda (2)

Médina Yoro Foulah (2)

Vélingara (2)

Louga (6)

Louga (2)

Kébémer (2)

Linguère (2)

Matam (5)

Matam (2)

Kanel (2)

Ranérou-Ferlo (1)

Kaolack (5)

Kaolack (2)

Guinguinéo (1)

Nioro (2)

Fatick (5)

Fatick (2)

Foundiougne (2)

Gossas (1)

Ziguinchor (5)

Ziguinchor (2)

Bignona (2)

Oussouye (1)

Kédougou (3)

Kédougou (1)

Salemata (1)

Saraya (1)

Diaspora (15)

Afrique (7)

Europe (6)

Amérique-Océanie (1)

Asie-Moyen Orient (1)

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Les vrais enjeux des législatives du 31 juillet

Cent soixante-cinq sièges de députés sont en jeu. Huit listes sont en compétition. La majorité espère conserver une majorité confortable à l’Assemblée, tandis que les principales forces de l’opposition visent à imposer une cohabitation au président Macky Sall.

Un face-à-face télévisé en direct opposant deux candidats : cela s’est passé mardi 26 juillet à Ziguinchor, en Casamance, entre Victorine Ndeye, tête de liste de la majorité Benno Bokk Yaakaar, et Guy Marius Sagna, de l’inter-coalition de l’opposition Yewwi Askan Wi / Wallu Sénégal. L’évènement a été qualifié d’« historique » par le défenseur des droits humains Alioune Tine, alors que la campagne a surtout été marquée par des caravanes sillonnant le pays, sonos au maximum. 

Une campagne « terne », « sans réel débat de fond sur les programmes », regrette de son côté Mamadou Lamine Sarr, enseignant en sciences politiques à l’Université Virtuelle du Sénégal. Elle s’est déroulée sans incident majeur, après un début de processus électoral chaotique et le rejet par le Conseil Constitutionnel de la liste nationale de titulaires de Yewwi Askan Wi, la principale coalition de l’opposition menée par Ousmane Sonko.

Ousmane Sonko, non-candidat mais omniprésent 
Le maire de Ziguinchor et député sortant n’est donc pas candidat : ce sont les suppléants, souvent inconnus du grand public, qui représenteront Yewwi Askan Wi au scrutin proportionnel. Des personnalités aux parcours souvent atypiques, comme Oumar Sy, cadre de l’aviation civile, tête de liste nationale des suppléants.  

Pourtant, Ousmane Sonko aura été omniprésent durant la campagne, enchaînant les meetings et les visites de proximité. « Qu’on l’apprécie ou non, on ne peut pas nier sa capacité à mobiliser les foules, il y a un phénomène Sonko », estime un observateur de la vie politique.

Après sa troisième place à l’élection présidentielle de 2019, « il est devenu une locomotive auprès des jeunes ». Son arrestation dans une affaire de viol présumé avait provoqué de violentes émeutes en mars 2021, qui avaient fait au moins treize morts. Aucune date n’est avancée pour un procès dans ce dossier. 

Objectif pour l’opposant lors de ces législatives : imposer une cohabitation au président Macky Sall. Pour cela, Yewwi Askan Wi s’est alliée avec la coalition Wallu Sénégal, formée autour de l’ancien président Abdoulaye Wade. Le principe est simple : une coalition s’engage à soutenir l’autre dans le département où elle est en position de force. 

Cette alliance « peut faire mal à la majorité », affirme Ababacar Fall, secrétaire général du Gradec, le groupe de recherches et d’appui pour la démocratie participative et la bonne gouvernance. « La stratégie peut être payante, si elle est bien comprise par les électeurs », ajoute-t-il. 

La majorité mise sur bilan de Macky Sall 
Du côté de la majorité, l’ancienne Première ministre, Aminata Touré, tête de liste nationale, et les candidats de Benno Bokk Yaakaar ont vanté durant la campagne le bilan et les réalisations du président Macky Sall depuis son arrivée au pouvoir en 2012 : le TER –Train Express Régional-, le nouveau stade du Sénégal ou le Palais des Sports de Diamniadio sont mis en avant sur les affiches de campagne.

Alors que les ménages sont préoccupés par l’inflation et la cherté de la vie, l’ancien ministre Amadou Ba a vanté en conférence de presse les mérites du Plan Sénégal Émergent, le programme de développement initié par le président Macky Sall. « La victoire est acquise », assurent les responsables de la coalition.  

En l’absence de sondages, le baromètre reste les dernières élections locales du 23 janvier dernier. L’opposition de Yewwi Askan Wi avait enregistré des succès dans les grandes villes, notamment Dakar, Ziguinchor, ou encore Thiès. Mais la coalition présidentielle avait revendiqué une « hégémonie à l’échelle nationale », avec une majorité de voix sur l’ensemble du territoire, et des ancrages solides, notamment dans le Fouta (Nord), ou dans la région de Fatick (Ouest).  

Un « référendum sur le troisième mandat »
Six mois après les locales, ces législatives seront le dernier scrutin avant la prochaine présidentielle. « C’est un échauffement », estime le chercheur Mamadou Lamine Sarr, « Tout le débat politique est monopolisé par l’échéance de 2024 ». Ousmane Sonko a déjà affiché clairement ses ambitions.

Quant à Macky Sall, il maintient le mystère sur une éventuelle troisième candidature. « C’est un non-sujet, le président tranchera le moment venu », s’agace un membre de la majorité. Mais l’opposition en a fait l’un de ses principaux thèmes de campagne. « C’est la ligne rouge » prévient un responsable de Yewwi Askan Wi.

Les législatives seront un « référendum pour ou contre un troisième mandat », estime Ababacar Fall du GRADEC pour qui « cette question pollue le débat politique depuis 2019 et doit être tranchée ». 

Une Assemblée renouvelée 
Cohabitation ou pas, la 14e législature réserve des surprises. « Même si l’opposition ne remporte pas la majorité, il y aura un rééquilibrage des rapports de force à l’Assemblée », poursuit Ababacar Fall. Et de nouveaux profils pourraient faire leur entrée dans l’hémicycle. « L’Assemblée doit refléter le vrai visage du Sénégal, avec plus de jeunes, plus de femmes », espère Mamadou Lamine Sarr, qui cite notamment la nouvelle coalition « Les Serviteurs / MPR » créée par le jeune journaliste et chroniqueur Pape Djibril Fall.  

Face aux « mastodontes », la récente coalition AAR Sénégal (Alternative pour une Assemblée de Rupture), qui se qualifie d’opposition « modérée », tente également de se faire entendre, autour de ses leaders Thierno Alassane Sall et Abdourahmane Diouf.  

Un départ et une arrivée  
Quels que soient les résultats, ces élections législatives marqueront le départ du président de l’Assemblée nationale depuis 2012 : Moustapha Niasse, pilier de la vie politique depuis Léopold Sédar Senghor, premier président de la République du Sénégal. 

Et le scrutin sera en principe suivi par l’arrivée d’un nouveau Premier ministre. Le poste, supprimé par Macky Sall en 2019, puis rétabli en novembre 2021, n’a toujours pas été pourvu. Le choix de la personnalité qui prendra la tête du gouvernement pourrait être une première indication sur les intentions du chef de l’État pour 2024. 

RFI

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Supercoupe Allemagne : Sadio Mané marque face à Leipzig et s’offre son premier trophée avec le Bayern Munich

Au terme d’un match spectaculaire, le Bayern Munich a remporté la Supercoupe d’Allemagne en s’imposant face au RB Leipzig ce samedi (3-5). Auteur de son premier but, Sadio Mané s’offre également son premier trophée sous ses nouvelles couleurs.

Nouvelle saison, même Bayern Munich. Que ce soit en Championnat, en Coupe d’Allemagne ou encore en Supercoupe, et malgré le départ d’un buteur comme Robert Lewandowski et avec une défense plutôt friable, le Bayern Munich reste le même : une équipe qui n’a aucune envie de laisser la moindre chance à ses adversaires sur le plan national. Et cela s’est encore noté ce samedi 30 juillet 2022.

Toujours désireux de tout rafler, particulièrement sur la scène nationale, le club bavarois a commencé une nouvelle quête en décrochant, comme lors du dernier Championnat, son dixième titre de Supercoupe d’Allemagne. Forts d’une première période parfaitement maîtrisée, les hommes de Julian Nagelsmann se sont imposés au Red Bull Arena contre le RB Leipzig, dernier vainqueur de la Coupe d’Allemagne.

Dès l’entame de la rencontre, le Bayern Munich prenait d’assaut son adversaire. Et après un quart d’heure seulement, arrivait le premier but du match sur une réalisation de Jamal Musiala (14e). Mais deux minutes plus tard, Manuel Neuer et ses partenaires se sont mis une frayeur quand Christopher Alan Nkunku (16e). Mais l’attaquant français était en position de hors-jeu. Il fallait donc réveiller Sadio Mané, jusque-là un peu timide.

Jouant en totale possession du ballon avec pas moins de 66%, le Bayern Munich tentait le tout afin de se mettre à l’abri d’une égalisation d’une équipe du RB Leipzig qui jouait à fond ses contre-attaques. C’est réussi pour les Bavarois. A la 31e minute, après une action collective de grande classe, l’Allemand Serge David Gnabry sert Sadio Mané… Serein, l’attaquant des Lions inscrit son premier but sous ses nouvelles couleurs.

Puis, juste avant la pause, le défenseur droit français Benjamin Pavard, servi par un étincelant Jamal Musiala signait la correction (0-3, 45e). La seconde période ne sera pas moins emballée que la première puisqu’il y aura encore trois buts, dont trois pour le RB Leipzig. Mais au final, ce sera bien le Bayern Munich qui s’impose (5-3) pour remporter sa dixième Supercoupe d’Allemagne. Il s’agit également du premier titre de Sadio Mané sous ses nouvelles couleurs, et sûrement pas le dernier…

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Fonction publique : au moins 100 000 F CFA de hausse de salaire par agent

En matière de traitement salarial, tous les agents de la Fonction publique sont désormais sur un pied d’égalité. La direction de la Solde a annoncé la bonne nouvelle hier, vendredi, dans un communiqué repris ce samedi par L’Observateur.  
«Les mesures de revalorisation salariale mises en œuvre à l’occasion du paiement des salaires des mois de mai, juin et juillet 2022, seront généralisées au profit de tous les autres corps de l’administration (magistrats, agents des hiérarchies A, B, C, D et E)», renseigne la source.
L’Observateur rapporte que les augmentations sont d’au moins 100 000 francs CFA par agent. Et la direction de la Solde informe dans son communiqué qu’une émission spéciale sera effectuée mercredi prochain pour payer aux ayants droit le rappel du différentiel des trois derniers mois.

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Balla Gaye 2 / Gris Bordeaux : 7 adversaires en commun

Balla Gaye 2 et Gris Bordeaux vont se croiser à nouveau ce 7 août 2022, à l’Arène nationale, après leur 1ère confrontation du 31 mars 2018. Durant leur parcours dans l’arène, les deux challengers ont eu 7 adversaires en commun. Il s’agit de Yékini, Tyson, Bombardier, le regretté Tyson Jr, Baboye, Mod’Lô et Eumeu Sène. Mais si Balla a un bilan de 6 victoires et 4 défaites sur 10 combats avec ces 7 lutteurs, Gris, lui, s’en est tiré avec 4 victoires et 5 défaites en 9 sorties.

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Cité Aliou Sow : L’appartement de Pape Mamadou Seck cambriolé

L’affaire Pape Mamadou Seck prend une autre tournure avec le cambriolage, hier, de son appartement sis à la Cité Aliou Sow, à Guédiawaye.

D’après « Rewmi », des individus non encore identifiés ont débarqué nuitamment dans son appartement, mettant tout sens dessus dessous, avant d’emporter un seul poste de téléviseur.

Le cambriolage

Les faits ont eu lieu dans la nuit du mercredi au jeudi dernier. Et bizarrement, les malfrats n’ont trouvé personne sur les lieux. Les malfrats cherchaient-ils des documents compromettants ? En tout cas, une enquête est ouverte par la police.

Pour rappel, Pape Mamadou Seck est un des membres présumés du groupe “Force spéciale”, qui sont poursuivis pour complot contre l’autorité de l’Etat, association de malfaiteurs en rapport avec une entreprise terroriste, destruction de biens appartenant à l’Etat, notamment. Ils sont accusés d’avoir voulu installer le chaos à Dakar en marge de la manifestation interdite de Yewwi Askan Wi, vendredi 17 juin 2022.

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OM : Poussé vers la sortie, Bamba Dieng a pris sa décision

OM Mercato : Poussé vers la sortie par la direction de l’Olympique de Marseille, Bamba Dieng a déjà des touches en Premier League.

Après avoir massivement recruté cet été, l’Olympique de Marseille compte désormais se séparer de quelques éléments. Le défenseur Luan Peres a récemment quitté le navire marseillais et d’autres départs surprises devraient avoir lieu dans les prochains jours. En effet, plusieurs joueurs de l’OM sont poussés vers la porte de sortie. C’est notamment le cas de Bamba Dieng.

OM Mercato : Bamba Deing vers la Premier League

L’international sénégalais traverse actuellement une situation délicate à l’Olympique Marseille. Depuis l’arrivée d’Igor Tudor sur le banc marseillais, le joueur de 22 ans a été relégué dans la hiérarchie des attaquants de l’ OM. Il doit à présent se contenter d’un statut de remplaçant à Marseille. La preuve, le champion d’Afrique a été laissé sur le banc de touche lors des deux derniers matchs amicaux des Phocéens.

D’ailleurs, le nouvel entraîneur de Marseille ne serait pas l’idée de l’envoyer sous d’autres cieux afin de faire de la place aux arrivants. Sa direction songerait aussi à le vendre dès cet été dans le but de financer l’arrivée d’Alexis Sanchez. Cette situation a alors alerté ses prétendants. Alors que le SC Fribourg avait pris les devants pour sa signature, deux nouveaux courtisans viennent de se manifester. Le média britannique Hitc assure que Newcastle et West Ham s’intéressent aussi à la pépite marseillaise.

OM Mercato : Un prix fixé pour Bamba Dieng

Selon la source, les deux formations de Premier League auraient même une vraie envie de formuler une offre pour s’attacher les services de Bamba Dieng. Ces intérêts britanniques ne déplaisent pas aux dirigeants marseillais, qui espèrent tirer le maximum de profit sur le départ de leur jeune crack. L’Équipe révèle que l’ OM attendrait un chèque de 20 M€ avant de céder leur pépite. Reste désormais à savoir quel prétendant répondra favorablement aux exigences marseillaises. Les prochaines s’annoncent très décisives dans ce dossier.

…Poussé vers la sortie, Bamba Dieng a pris sa décision

Le Champion d’Afrique sénégalais, Bamba Dieng be rentre plus dans les plans de l’Olympique de Marseille. Le joueur est quand même décidé. L’international sénégalais Bamba Dieng est ouvertement poussé vers la sortie à l’Olympique de Marseille. Selon L’Equipe, le club français compte vite régler la situation et convaincre le joueur et son entourage à partir. Mais le Champion d’Afrique ne veut pas se faire avoir. Il serait bien décidé à rester au club avec un seul objectif. Celui de devenir numéro 1 à son poste.

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“Vivre avec l’homosexualité c’est être en danger du matin au soir” : Des gays racontent leur quotidien au Sénégal

« Les gens ici ne cherchent pas à comprendre. Tu es homosexuel: tu es banni, tapé, livré à la police. Alors je fais de mon mieux pour rester dans mon coin; j’ai peur de croiser quelqu’un qui me connaît et a de la haine », souffle Abdou, jeune homosexuel sénégalais.

A seulement 20 ans, Abdou* a été menacé de mort et subit l’ostracisme de sa famille. Il témoigne d’une vie quasi impossible au Sénégal et de l’exclusion sociale des homosexuels dans son pays.

« La situation devient de plus en plus grave », lâche-t-il. « La colère que les gens ont… ce n’est pas quelque chose qui existait avant ».

Les tensions sur cette question taboue au Sénégal sont de plus en plus fortes, marquées par une hausse des discriminations, selon des organisations des droits de l’Homme.

Dans ce pays musulman à 95% et très pratiquant, l’homosexualité est largement considérée comme une déviance. La loi réprime d’un emprisonnement d’un à cinq ans les actes dits « contre nature avec un individu de son sexe ».

« La situation de la communauté LGBTQI est très compliquée, notamment la dernière année et demie » caractérisée « par une campagne massive » contre l’homosexualité « menée par des associations religieuses et conservatrices qui veulent prétendument restaurer les valeurs sénégalaises », dit à l’AFP Ousmane Aly Diallo, chercheur à Amnesty International au bureau pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre.

« Il est plus risqué aujourd’hui d’afficher publiquement son identité LGBTQI qu’il y a quelques années; il y a de plus en plus d’agressions contre des membres de cette communauté, souvent filmées et diffusées sur les réseaux sociaux », note-t-il.

En mai 2021 et en février dernier, des milliers de personnes ont manifesté à Dakar pour réclamer un renforcement de la répression de l’homosexualité.

Le sujet est aussi instrumentalisé politiquement. Le principal opposant Ousmane Sonko a fait de la lutte contre l’homosexualité un argument de campagne pour les législatives de dimanche.

« Tu me fais honte » 

L’enfance et l’adolescence d’Abdou ont été traumatisantes, à subir les bains « spirituels » de marabouts pour soigner sa supposée « maladie » et son côté efféminé, à se cacher pour vivre sa sexualité. Il a été battu par des proches et a fait une tentative de suicide.

Jusqu’à ce jour où sa vie a basculé fin 2021. Un cousin l’espionne et rapporte à son père une conversation avec un réseau LGBT.

Son père, divorcé de sa mère, le chasse immédiatement du domicile. « Il m’envoyait des messages où il disait “tu me fais honte; tu ne mérites pas de vivre…” ».

Abdou contacte une association à l’étranger qui l’aide à fuir dans un pays de la région. Il s’y met à l’abri pendant cinq mois mais début mai, sa mère, qui est restée en lien, le convainc de rentrer.

Depuis, Abdou se terre chez elle. Craignant pour sa vie, sa mère l’enferme dans sa chambre quand elle entend parler d’une agression…

Les « goor-jigéen » (homme-femme en wolof) ont longtemps fait partie du paysage social. « Mais ce qu’on note aujourd’hui, c’est vraiment une intolérance à l’identité LGBTQI », relève M. Diallo. « Cette intolérance, de plus en plus dangereuse et très politique, est due à la montée du discours religieux et de la religiosité au Sénégal et (…) à la faiblesse des institutions face à cette montée-là ».

Le sociologue Djiby Diakhate explique que « pour beaucoup de Sénégalais, si l’homosexualité se développe, ce sera une catastrophe; on connaîtra la sécheresse, des épidémies, le mauvais sort ».

Abdoulaye Guissé, étudiant de 28 ans, confie « ne pas voir pourquoi le Sénégal doit changer de position pour accorder plus de place » aux homosexuels. « Ils n’ont qu’à faire leurs pratiques discrètement; les citoyens ne sont pas prêts à cohabiter avec eux ».

Malamine Bayo, 32 ans, préconise d' »étudier la question pour voir si ce n’est pas une maladie », ou, « si c’est par choix », d' »encadrer ces personnes pour qu’elles puissent vivre sans difficulté ».

Ces dernières années, des groupes islamiques, dont les membres ont principalement fait leurs études dans des pays arabes, sont à la pointe du combat contre l’homosexualité au Sénégal. Elle est aussi décriée comme un instrument employé par les Occidentaux pour imposer des valeurs prétendument étrangères à la culture du pays.

« Tension déplorable » 

Mi-mai, une controverse a agité la France et le Sénégal autour du joueur de football du Paris Saint-Germain et international sénégalais Idrissa Gana Gueye, accusé d’avoir refusé de s’associer à la lutte contre l’homophobie lors d’un match en France. Il a reçu un flot de soutien au Sénégal.

A la même période, un artiste américain en visite à Dakar a été violemment agressé – la vidéo postée sur internet – par une foule de dizaines d’hommes, qui à cause de son style l’ont accusé d’être un homosexuel.

A l’initiative du collectif « And Samm Jikko Yi » (Ensemble pour la sauvegarde des valeurs) composé de 146 associations, 11 députés ont déposé en décembre 2021 une proposition de loi qui aurait puni l’homosexualité d’une peine de cinq à dix ans de prison. Elle a été rejetée par le bureau de l’Assemblée nationale qui a estimé la législation existante assez sévère.

Pour Mama Mactar Gueye, porte-parole de l’ONG islamique Jamra – qui fait partie de ce collectif -, la communauté LGBT « pose problème » parce qu’elle a « commencé à envahir l’espace public » et à « provoquer ». Selon lui, le pays est dans une « tension déplorable » et une loi permettrait de protéger « la société, mais aussi » les homosexuels d’une « justice populaire ».

En 2021, le Sénégal a été retiré de la liste des pays d’origine sûrs par l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra), en raison des risques liés à l’orientation sexuelle.

Si l’Afrique du Sud a une des législations les plus progressistes sur les droits LGBTI et si plusieurs pays ont légalisé les relations entre personnes de même sexe, Amnesty note dans son dernier rapport que dans plusieurs pays du continent, des personnes ont été harcelées, arrêtées et poursuivies en justice en raison de leur orientation sexuelle. Dans certains de ces pays cependant, une communauté LGBT s’exprime, ce qui est impensable au Sénégal.

Faute de données officielles et au vu de la diversité des contextes, les experts notent qu’il est difficile d’établir le niveau de persécutions au Sénégal comparé à d’autres pays d’Afrique où la situation est également tendue.

« Nous savons que pour une simple suspicion d’homosexualité vous pouvez être victime d’un lynchage », déplore Alexandre Marcel, président du comité Idaho France, association d’aide aux LGBTI.

– Double vie –

Lorsque l’homosexualité est révélée, l’entourage voit souvent dans la violence de sa réaction le seul moyen de sauver sa « réputation ».

C’est ce qu’a vécu Daouda*, fils unique, qui menait une vie d’étudiant, jusqu’au jour où son père a appris son homosexualité. « Il a alors sorti une arme, il voulait me tirer (dessus)… ».

Daouda a fui dans un pays de la région, où l’AFP l’a rencontré, coupé de sa famille depuis huit ans.

« Au Sénégal, vivre avec l’homosexualité c’est être en danger du matin au soir; c’est un chemin très sombre ». Plusieurs de ses amis se sont suicidés. Ils ne parvenaient pas à vivre cachés.

Dans ce contexte, nombre de gays mènent une double vie. Jusqu’à il y a 3 mois, c’était le destin de Khalifa*, bisexuel. Marié depuis 4 ans, il a vécu jusqu’à ses 34 ans sans que son entourage ne soupçonne rien. Récemment « dénoncé », il a perdu son emploi, sa carrière.

Son père a menacé de « le tuer », il ne voit plus sa femme ni son enfant et survit dans une ville loin de Dakar.

Khalifa ne voit plus d’autre choix que de demander l’asile à l’étranger, car un mouvement anti-LGBT l’a selon lui identifié et risque de le traquer ou de publier son nom sur internet.

Abdou aussi aimerait quitter le Sénégal pour un endroit où il est « accepté » et éloigner sa mère de la stigmatisation.

« Si je pars, ce sera la paix pour ma mère… », dit-il, la voix brisée.

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