
Dans son livre intitulé Macky Sall face à l’histoire, le journaliste Cheikh Yérim Seck a fait des révélations sur le limogeage de Matar Ba.
Décidément Cheikh Yérim Seck n’a rien laissé ! Vrai ou faux, il a parlé de tout à travers son livre. Et si on se fie à ses propos, le limogeage de Matar Bâ était purement politique.
« En douze ans à la tête du pays, Macky Sall a résisté, même dans l’après-Covid qui exigeait de faire appel à de l’expertise pour mener la relance, à recourir aux Sénégalais qui ont fait des preuves dans leur domaine et qui auraient pu beaucoup apporter à l’action publique. Le logiciel mental de Macky Sall est ainsi formaté qu’il place le profil politicien au-dessus de la compétence. Le cas Matar Ba est symptomatique de cette pathologie. Le limogeage de ce très populaire ministre des Sports, le 17 septembre 2022, avait suscité une vague d’indignations. Les Sénégalais l’ont dit bruyamment : ce ministre, sans doute parmi ceux qui ont le plus réussi à leur poste depuis l’indépendance du pays, ne devait pas quitter le gouvernement. C’est en effet sous son leadership que le Sénégal a remporté, pour la première fois de son histoire, la Coupe d’Afrique des nations, en 2022, avant de se qualifier la même année à la Coupe du monde. Son limogeage, à moins de trois mois de cette compétition majeure, est un coup dur porté à la cohésion de l’équipe et à sa préparation. Ce que l’opinion ignore, et qui aurait suscité une indignation encore plus forte s’il était su, c’est que Matar Ba a été débarqué pour une raison liée à…la cuisine politicienne interne à Fatick dont il est le maire. Il était dans le collimateur du président depuis le décès de l’imam ratib de cette ville. Macky Sall n’a pas pardonné à son successeur à la mairie de Fatick de ne s’être pas rendu à la maison mortuaire avant lui », lit-on à la page 60 de son livre.
Le journaliste poursuit à la page suivante. « D’autant que, les mois précédents, le très politicien président ne cessait de lui marteler que ses absences faisaient râler dans leur fief commun. Cheikh Kanté et les autres adversaires politiques locaux du ministre ont fait le reste, bourrant l’oreille du président avec des clichés du type « Matar Ba se croit intouchable »>, << Matar Ba dit à qui veut l’entendre que vous n’osez pas le limoger au vu de ses résultats », « Matar Ba est entrain de démobiliser la base par son attitude snob vis-à-vis des militants >>… Pareil discours politicien parle mieux que toutes les performances au chef de l’État qui a pris la décision radicale de se séparer de son ministre