Des voix s’élèvent pour faire de cette altercation entre Leroy Sané et Sadio Mané une affaire d’Etat

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Pourtant, deux coéquipiers qui en viennent aux mains, c’est courant dans le milieu du football. Ce n’est pas la peine de faire les vierges effarouchées. Au point de vouloir régler des comptes. Certains, peut-être déçus de la tournure des choses et de l’adaptation difficile du Sénégalais en Bavière, commencent à parler de sanctions allant au-delà de la simple amende en évoquant un départ. Ils voudraient faire porter le chapeau des mauvais résultats à notre compatriote. Alors que la plus grosse erreur des dirigeants bavarois a été d’avoir voulu remplacer Robert Lewandowski, un attaquant axial qui carburait à un rythme fou, par Sadio Mané, un ailier. Et Mathys Tel, quel que soit son potentiel, c’est encore tendre pour un club comme le Bayern. Éric Maxime Choupo Moting, avec tout le respect qu’on lui doit, n’est pas de la même trempe que le Polonais.

C’est très facile de vouloir faire de Sadio Mané un bouc-émissaire. Ce n’est pas la première fois que le Bayern se retrouve confronté à ce genre de situation. Lothar Matthaüs et Bixente Lizarazu s’étaient frictionnés aux entraînements. A l’époque, comme en ce moment, les résultats n’allaient pas bien. Les Bavarois portaient les séquelles de la finale perdue contre Manchester United (1999). Le Français, qui avait reçu une patate de la légende allemande, lui a rendu la politesse en le baffant. Plutôt que d’envenimer les choses, Uli Honess avait préféré jouer les sapeurs-pompiers et dédramatiser l’incident plutôt que de laisser propager ce début d’incendie: « Vous faites comme si c’était une bombe nucléaire. » Le Basque s’en était tiré avec une simple amende.

On peut citer d’autres exemples. Franck Ribéry et Arjen Robben, les deux têtes d’affiche du club, ont également eu des tensions. Le Français avait frappé au visage le Hollandais lors de la demi-finale de Ligue des champions contre le Real Madrid en 2012. Ça n’a pas empêché les deux joueurs de se rapprocher par la suite. Le problème a bien été géré en interne. Et il y a quatre ans, Robert Lewandowski et Kingsley Coman ont échangé des coups de poings à l’entraînement. L’année suivante, les deux joueurs ont remporté la Ligue des champions. Ce n’est pas un hasard si les gens se moquent du Bayern en l’appelant le FC Hollywood. Et puis: « Mieux vaut une claque dans le visage pour faire bouger les choses que de faire des choses dans le dos, ce qui empoisonne l’atmosphère ». Ces propos de Bixente Lizarazu ne doivent pas tomber dans l’oreille d’un sourd.

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