
Cette nouvelle rubrique vous accompagnera durant la Coupe du monde qui se déroule du 20 novembre au 18 décembre au Qatar. Elle concerne toute la diaspora, des Etats-Unis au Canada en passant par l’Amérique du Sud, l’Europe et le continent africain. Notre onzième invité s’appelle Cheikh Djibril Kane, vivant actuellement en Allemagne, il revient sur le match perdu face à l’Angleterre en 8èmes de finale de la coupe du monde. Monsieur Kane est par ailleurs diplômé en histoire, chroniqueur à la télé et Président de l’Association Jappoo en Allemagne.
Entretien.
Comment avez-vous vécu le match des Lions face à L’Angleterre ?
En bon supporter, je l’ai vécu comme la plupart des Sénégalais. C’est-à-dire, tenaillé entre l’espérance d’une victoire, la nervosité de perdre, et la déception amère qui a prévalu à la fin du match.
Étiez-vous réellement surpris par ce résultat vu la physionomie du début de match ?
J’avoue que je suis effectivement surpris par le résultat final du match. J’ai vu une bonne équipe sénégalaise présente pour les 40 premières minutes de jeu, après, ce fut un désordre, une incompréhension totale dans le jeu. D’un point de vue tactique comme technique, les Anglais nous ont dominés. J’étais conscient que le Sénégal pouvait perdre mais pas de cette façon. Ce fut, à mon avis, la pire prestation que l’équipe a livrée depuis qu’on participe à une Coupe du monde.
Tactiquement, quel secteur l’équipe a failli selon vous ?
Si je parle football, je dirai que l’absence d’un milieu de terrain nous a causé beaucoup de tort. On a senti l’absence d’un patron dans l’équipe, quelqu’un qui pouvait organiser le jeu autour du milieu pour soulager la défense et motiver l’axe offensif. Qui connaît un peu le système anglais sait bien que l’Angleterre joue suivant le modèle horizontal. Son jeu est caractérisé par une ouverture large sur les flancs gauche comme droite pour finir par se recentrer dans la surface. Pour cela, ils ont été plus assidus et plus rapides dans les récupérations, mais aussi plus physique de par le cadrage du terrain. Pour me résumer, je dirais, on a eu une erreur de coaching qui a été fatale à notre tactique.
Compte tenu de ses excellents résultats, faudrait-il garder encore Aliou Cissé à la tête des Lions ?
Pour ce Mondial, je pense que Cissé n’a pas été à la hauteur. Maintenant, qu’il soit champion d’Afrique, c’est une autre situation, dès lors une autre analyse.
Pour cette campagne, je préfère faire porter l’échec à l’entière responsabilité du coaching de Cissé. Il a manqué de beaucoup de choses qui, à mon avis, doivent faire l’objet d’analyse afin de mieux rectifier le tir. Nous avons beaucoup de talents dans l’équipe, des joueurs super bons, professionnels, patriotes, mais le coaching est à mon humble avis le talon d’Achille sur lequel l’équipe a mordu la poussière. Aliou Cissé porte la responsabilité de l’échec. Le Sénégal doit tourner la page Cissé et s’ouvrir à d’autres expériences et à d’autres styles beaucoup plus audacieux techniquement, tactiquement parlant. Aliou Cissé me rappelle juste l’entraîneur allemand Joachim Lôw. Lorsque ce dernier avait gagné le Mondial de 2014, il a voulu rester, beaucoup d’experts du foot allemands souhaitaient qu’il parte la fédération allemande a préféré le maintenir.
Résultat, il est resté et a continué avec son style, ce qui a eu comme conséquence un rabaissement du niveau de la Mannschaft, d’un niveau jamais enregistré dans l’histoire du foot allemand. Deux coupes du monde d’affilée ou l’Allemagne ne franchit même pas le premier tour. Au finish, Lôw est parti.