
Mamadou Gassama évolue dans le championnat de foot du Qatar depuis plusieurs années. Gardien de but à Al Gharafa, le sénégalais met en garde contre tout excès de confiance face face à ce pays du Golfe persique, même s’il espère bien voir les lions passer au moins le premier tour.
Qu’est-ce que vous pouvez nous dire sur le Qatar peu connu des Sénégalais ?
Le Qatar s’est développé de manière rapide. Le pays que vous voyez aujourd’hui n’était pas le même il y a quelques années. Quand je suis arrivé au Qatar, il n’y avait pas beaucoup d’hôtels. Ils ont travaillé dur pour arriver à ce niveau de développement. Il n’y a que le travail qui paye.
Quel est votre parcours de joueur dans ce pays?
J’ai joué pendant deux ans à Al Khor. J’ai remplacé un autre sénégalais qui devait rejoindre Al Saad, l’équipe de l’Algerien Baghdad Bounedjah. Par la suite, j’ai évolué durant 04 ans à Al Rayan, avant de jeter l’ancre à Al Gharafa. J’ai été coachee par Djamel Belmadi pendant un an à Al Shamal.
Dans cette aventure, j’ai gagné le championnat. Le technicien Algérien est un bosseur. Je suis toujours en activité à 39 ans grâce à une bonne hygiène de vie. À Al Gharafa, j’ai voulu un logement proche du terrain d’entraînement afin d’arriver à l’heure aux séances. Je faisais également mes propres exercices. Je vais rarement au restaurant. Il y a des aliments qui causent des problèmes musculaires. Cela dit, je suis retourné à Al Gharafa, un club que j’avais quitté à cause d’un différend avec le coach. Je joue toujours là-bas.
Dans mon parcours, j’ai été vainqueur de la coupe Crown Prince de Qatar en 2010 et 2011, mais aussi de la Coupe de Qatar en 2006, 2009 et 2010. Mon départ d’Al Khor était un moment difficile. Le club ne voulait pas que je parte. Et je m’y sentais bien aussi. Mon meilleur souvenir, c’est avec Al Rayan lorsque j’ai remporté la Coupe de l’Emir. Après quoi, j’ai eu l’immense privilège de rencontrer l’Emir et de discuter longuement avec lui.
Vous avez également joué en équipe nationale du Qatar. Comment ça s’est passé ?
Effectivement ! J’ai eu énormément de sélections avec l’équipe nationale du Qatar. On a voyagé partout dans le monde. J’ai pris ma retraite internationale en 2018. J’ai été naturalisé dans le cadre d’un projet pilote par Philippe Troussier. Mais le projet n’existe plus. Aujourd’hui, on peut être dans la sélection du Qatar sans changer de nom. En 2004, on m’a donné le nom de Qassam Burham pour que je puisse jouer pour le Qatar. Au début, je n’étais pas titulaire dans les cages. C’est à partir de 2009 que j’ai véritablement gagné ma place.
Comment appréciez-vous le football Qatari?
Il ne faut pas sous-estimer ce football. Le football Qatari existe et a beaucoup de moyens. Bahdad Bounedjah, qui pouvait jouer en Europe, a préféré rester au Qatar. Idem pour moi. Dans l’équipe de l’Algérie, vainqueur de la Coupe d’Afrique des Nations 2019, il y avait d’autres joueurs évoluant au Qatar à savoir notamment Youcef Belaili et Yacine Brahimi. Actuellement, je suis dans le même club que ce dernier. Les autorités du Qatar suivent le championnat. Elles connaissent tous les joueurs. Le Qatar a du pétrole, du gaz et sait comment les exploiter pour en tirer profit. Maintenant, ce pays veut davantage se développer à travers le sport. Nos stades sont pleins chaque match. Les supporters viennent de partout.
Au Mondial 2022, le Sénégal sera opposé au Qatar lors du premier tour. Quelle analyse faites-vous de ce match?
Le Sénégal a une grande équipe mais ne doit pas sous-estimer le Qatar. À Al Gharafa, j’ai aussi été entraîné par feu Brutno Metsu. Un jour au cours d’un dîner dans un hôtel, il m’a dit que son plus grand regret était de n’avoir pas atteint les demi-finales de la Coupe du monde 2022 avec le Sénégal. Pour expliquer cet échec, il m’a dit que l’équipe s’était contentée des quarts de finale au lieu de viser plus loin. Pour cette édition de la coupe du monde, j’ai confiance en Aliou Cissé et en ses troupes. En tout cas, je leur souhaite bonne chance.